02.02.2009

Livre vert sur la qualité des produits agricoles

L’objectif du document est de rassembler des réflexions, des analyses et des opinions sur les instruments qui existent, ainsi que des suggestions à propos de nouvelles initiatives à entreprendre en relation avec les politiques de soutien de la qualité des produits agroalimentaires, y compris des produits vitivinicoles de l’Union européenne.
L’Union européenne a envoyé une demande d’avis concernant le “Livre vert” sur les politiques de qualité des produits agricoles ; les contributions devaient parvenir avant le 31/12/2008.
L’objectif du document, qui contenait une série de 19 questions, était de rassembler des réflexions, des analyses et des opinions sur les instruments qui existent, ainsi que des suggestions à propos de nouvelles initiatives à entreprendre en relation avec les politiques de soutien de la qualité des produits agroalimentaires, y compris des produits vitivinicoles de l’Union européenne.
Pour ce qui est de la viticulture de montagne, le Cervim a transmis ses suggestions en réitérant et en soulignant l’importance du fait que la politique de qualité des produits agroalimentaires se base sur le renforcement du lien avec le territoire ; le Centre a également mis en évidence l’importance de l’origine et la transparence pour le consommateur. La même position a été prise et soulignée par l’Italie dans sa réponse officielle.
De plus, sur certains thèmes spécifiques, la position du Cervim est clairement définie. Le Centre juge, en particulier, que la provenance de la matière première nécessaire à la production du vin (le raisin) est un élément-clé essentiel et indiscutable qui concerne la philosophie et le travail du vigneron, surtout dans lez zones viticoles définies "héroïques".
C’est pour cette raison fondamentale que l’on estime qu’il est absolument nécessaire d’identifier l’origine des matières premières afin de respecter la culture du territoire, le travail du producteur et les souhaits du consommateur. Pour le CERVIM, le produit final est indissociable de la provenance de la matière première.
Pour ce qui est des indications d’origine, le Cervim exprime aussi un avis bien défini : elles représentent aujourd’hui le seul système appliqué en mesure d’identifier le lien avec le territoire.
Les indications d’origine doivent protéger les produits d’un territoire particulier, car le lien entre le produit typique et le territoire ne se limite pas aux caractéristiques agronomiques et pédoclimatiques : il faut, en effet, considérer aussi d’autres éléments qui permettent au territoire de posséder ces caractéristiques d’unicité, de distinction, que l’on retrouve ensuite dans les spécialités, c’est-à-dire la composante humaine, technique, culturelle, socio-économique.
Par contre, il faut souligner que la qualification est l’espace stratégique dans lequel les acteurs du processus de production définissent l’identité du produit et en “construisent” la qualité, créant ainsi les conditions pour que celui-ci soit mis en relation avec l’extérieur, entre autres par le biais d’activités de promotion et de commercialisation.
Les choix à effectuer en relation avec la qualification du produit devront donc partir d’un point établi : la nécessité de mettre en valeur la qualité spécifique du produit, qui peut justement être recherchée dans le lien de ce produit avec le territoire, avec la traduction productive et avec les autres ressources qui s’y trouvent. Ce sont, en effet, les éléments qui permettent – s’ils sont bien gérés – de connoter de manière distinctive le produit sur les marchés, entre autres en recourant à des instruments de qualification (IG, VQPRD) qui consentent l’identification territoriale et qui protègent la spécificité dans les relations de marché. En effet, par définition, les spécialités traditionnelles (typiques) se basent sur une construction sociale, sur le résultat d’une coopération qui a pour instrument la qualification d’un produit dont les références sont l’origine et le goût. L’origine possède une dimension géographique et historique, qui la situe dans une dimension spatiale et temporelle grâce à la garantie de la continuité des pratiques productives, liées à une représentation collective de la qualité du produit.
De plus, en ce qui concerne précisément la production de vin, le Cervim souligne la nécessité de ne pas augmenter les coûts de production déjà élevés, en introduisant de nouvelles obligations.
Les définitions de cadres productifs au sein des paramètres définis par le CERVIM (pente du terrain dépassant 25%, altitude de plus de 500 mètres, exception faite pour les hauts-plateaux, systèmes viticoles en terrasses et en banquettes, petites îles) identifient déjà bien la montagne européenne. Le CERVIM, qui œuvre depuis plus de vingt ans, est en train d’élaborer un cadastre viticole européen de ces viticultures ; ces paramètres ont d’ailleurs déjà été pris en considération par la Commission européenne qui a reconnu la valeur environnementale élevée de cette viticulture. La présence de la vitiviniculture sur ces territoires a donc une valeur fortement environnementale, de protection, de gestion des eaux, etc. : elle contribue ainsi à la prévention des catastrophes naturelles. Tout cela doit aussi être reconnu avec une politique de soutien de la part de la communauté qui couvre, de quelque façon, les coûts de gestion plus importants des activités productives dans ces territoires.